La poussière est partout dans nos logements, invisible mais bien présente. Composée de particules, fibres, micro-organismes et parfois de substances chimiques, elle peut se remettre en suspension et affecter la qualité de l’air intérieur. Comprendre ce qu’elle contient et adopter quelques gestes simples permet de protéger sa santé et de maintenir un environnement intérieur plus sain.
Qu’est-ce que la poussière domestique ?
La poussière domestique est un mélange de très nombreux éléments, d’origines diverses. Sa composition varie selon le logement, son équipement et les habitudes de vie de ses occupants. On y trouve notamment :
- Des fibres de papier ou de textiles
- Des cheveux, des poils et autres phanères humains ou animaux
- Des peaux mortes (appelées squames)
- Des miettes et débris alimentaires
- Des fragments de matériaux
- Des micro-organismes comme des champignons ou des bactéries
- Des grains de pollen
- Des fragments microscopiques d’insectes ou d’acariens
- De la terre, des minéraux du sol, des résidus d’asphalte, de béton ou de pneus
- Des substances chimiques (métaux comme le plomb ou l’arsenic, résidus de combustion ou de cuisson, gaz d’échappement, pesticides, composés issus des objets du quotidien…)
Lorsque ces éléments sont suffisamment légers, ils peuvent rester en suspension dans l’air : on parle alors de particules en suspension.
On estime qu’environ un tiers de la poussière présente dans un logement est produite à l’intérieur, par les activités humaines et domestiques. Les deux tiers restants proviendraient de l’extérieur (source). Cette poussière entre notamment par les portes et les fenêtres, ou est transportée par les chaussures et les poils des animaux.
Une matière en perpétuel mouvement
Une fois introduite ou générée dans le logement, la poussière se déplace au gré des mouvements d’air. Les particules les plus grosses, d’une taille supérieure à environ 20 micromètres, retombent rapidement et se déposent sur les meubles ou les sols. À l’inverse, les particules les plus fines peuvent rester longtemps en suspension dans l’air intérieur.
C’est pour cette raison qu’il est recommandé d’aérer quotidiennement son logement : le renouvellement de l’air permet d’évacuer une partie des particules en suspension et de limiter leur accumulation.
L’électricité statique joue également un rôle. Les particules de poussière peuvent s’attirer ou s’agglomérer en fonction de leur charge électrique. Les écrans de télévision ou d’ordinateur en sont un bon exemple : lorsqu’ils sont allumés, leur surface se charge positivement, ce qui attire les particules de poussière, généralement chargées négativement. Une fois l’écran éteint, la charge disparaît… mais la poussière reste.
Les effets sur la santé de la poussière domestique
Au-delà de l’aspect esthétique ou du sentiment de malpropreté qu’elle peut provoquer, la poussière domestique peut avoir des effets sur la santé, en particulier lorsqu’elle est remise en suspension dans l’air.
À l’image des particules fines bien connues (PM10, PM2,5…), plus les particules de poussière sont petites, plus elles peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires, jusqu’aux alvéoles pulmonaires, où ont lieu les échanges avec le sang.
La poussière domestique peut contenir des substances allergènes, irritantes ou potentiellement pathogènes, et contribuer à :
- L’augmentation des réactions allergiques (pollen, moisissures, acariens, cafards, squames d’animaux…),
- L’aggravation de maladies respiratoires comme l’asthme ou la BPCO,
- Une diminution de la fonction pulmonaire,
- Certaines maladies liées à l’inhalation de contaminants biologiques, chimiques ou physiques.
Les jeunes enfants sont particulièrement exposés à la poussière domestique, notamment parce qu’ils jouent souvent au sol. Une étude danoise menée en 2013 auprès de 400 enfants âgés de 3 à 6 ans, visant à évaluer leur exposition aux phtalates à la maison et en garderie, a montré que moins de 10 % de la dose absorbée par voie cutanée, par inhalation ou par ingestion provenait de l’air intérieur ou de la poussière (source).
Des pesticides dans la poussière des logements : l’étude PESTILOGE
Les pesticides ne sont pas uniquement présents dans les milieux agricoles. Ils peuvent aussi se retrouver à l’intérieur des logements, via les produits utilisés pour lutter contre les insectes, traiter le bois ou protéger les animaux, mais également par transfert depuis l’extérieur. Pour mieux caractériser cette exposition, l’Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI) a conduit la campagne PESTILOGE, la première étude française de grande ampleur dédiée à la présence des pesticides dans l’air et les poussières des logements. Menée entre novembre 2020 et février 2023, elle a porté sur 571 logements répartis dans 321 communes et 84 départements, couvrant l’ensemble des saisons.
Les résultats montrent que les pesticides sont plus fréquemment détectés dans les poussières que dans l’air intérieur. Certains insecticides et répulsifs sont présents dans la majorité des logements étudiés. Au total, 13 pesticides ont été détectés dans les poussières de plus de 90% des logements :
- 5 fongicides : boscalid, dicloran, difénoconazole, propiconazole et tébuconazole ;
- 4 insecticides : acétamipride, cyperméthrine, imidaclopride et perméthrine ;
- 2 herbicides : glyphosate et terbutryne ;
- 2 répulsifs d’insectes : DEET et icaridine.
Certaines de ces substances font pourtant l’objet de restrictions, voire d’interdictions d’usage depuis plusieurs années, ce qui souligne leur forte persistance dans les environnements intérieurs, en particulier dans les poussières. À ce jour, il n’existe cependant pas de valeurs sanitaires de référence permettant d’évaluer précisément les risques pour la santé liés à ces niveaux d’exposition. L’étude met néanmoins en avant l’intérêt de gestes simples, comme le nettoyage régulier des surfaces et l’aspiration des poussières, ainsi qu’une vigilance accrue vis-à-vis des anciens matériaux ou de l’utilisation de produits anciens.
PESTILOGE constitue ainsi une étape essentielle pour mieux comprendre l’exposition quotidienne des occupants et alimenter les réflexions futures en matière de qualité des environnements intérieurs et de réglementation.
Les bons gestes
- Je renouvelle l’air régulièrement
- J’aère mon logement au moins 10 minutes par jour, même en hiver
- J’aère pendant et après le ménage, afin d’évacuer les particules remises en suspension
- Je veille au bon fonctionnement de mon système de ventilation (VMC) et je nettoie régulièrement les entrées et sorties d’air
- Je réduis l’apport de poussières depuis l’extérieur
- J’utilise un tapis d’entrée, nettoyé régulièrement, pour limiter l’apport de particules via les chaussures
- Si possible, j’évite de porter les chaussures à l’intérieur du logement
- Je nettoie régulièrement les sols des zones d’entrée, plus exposées aux poussières extérieures.
- Je nettoie efficacement les sols
- Je passe régulièrement l’aspirateur sur les sols, tapis et moquettes
- Je privilégie l’aspirateur au balai, qui remet davantage de poussières en suspension
- Si possible, j’utilise un aspirateur équipé d’un filtre HEPA
- Je change régulièrement les sacs et je nettoie ou remplace le filtre selon les recommandations du fabricant
- Je complète l’aspiration par un nettoyage humide des sols (serpillère)
- Je limite les surfaces qui retiennent la poussière
- Je limite les tapis, moquettes et revêtements textiles, qui accumulent la poussière
- Je privilégie les sols lisses comme le carrelage ou le parquet, plus faciles à nettoyer
- Je nettoie les surfaces sans remettre la poussière en suspension
- Je nettoie régulièrement les meubles et surfaces avec une lingette microfibre légèrement humide, plutôt qu’un chiffon sec
- Je porte une attention particulière aux surfaces peu visibles (dessus de meubles, étagères, écrans)
- J’entretiens les textiles
- Je change régulièrement les draps, afin d’éliminer les peaux mortes
- Je lave régulièrement les textiles d’ameublement (rideaux, coussins, plaids, tapis), qui retiennent la poussière
- Je prends en compte les animaux de compagnie
- Je brosse régulièrement mon animal, de préférence à l’extérieur lorsque c’est possible, pour limiter la dispersion de poils et de particules dans le logement
- Je nettoie plus fréquemment les zones où il dort ou circule
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